"Avec la majorité de la population mondiale qui habite en ville, celle-ci est un lieu de vie structuré par une architecture devenue décor d’une mise en scène. Les flux, les rythmes, la frénésie qui l’animent ne peuvent que fasciner les photographes. Robert Loï ne déroge pas à cette attraction et à celle du cadrage, opération créatrice par soustraction d’instants vécus. Le cadrage est ce moment de composition où l’œil du photographe anticipe les limites matérielles de l’image et s’en sert comme principe structurant, il construit l’image à venir. Ces cadrages sont variés et posent la question du point de vue du photographe. Comment se positionne-t-il ? En observateur détaché du flux ou à l’intérieur de ce dernier ? Acteur participant au flux ou à contre-courant ? Comment apprivoise-t-il cet espace, ce temps, ces signes, ces corps ?

Robert Loï a choisi de questionner les individus de la ville contemporaine, dans leur pratique quotidienne des flux, des rencontres, des signes, des aléas, des espaces publics tout en proposant un mode de fonctionnement différent. Lui, a choisi de se perdre en ville, d’errer, de chercher la désorientation dans l’orientation des signes. Muni d’un appareil léger extension de son œil, il rend ainsi compte du mouvement de la ville, de la foule, des flux, des solitudes. Il montre aussi la rationalité du déplacement et l’uniformisation des espaces. En effet, si la ville est un lieu de déplacement, de transit, ceux-ci ne sont pourtant pas laissés au hasard. Le citoyen ne va pas n’importe où, ni n’importe comment. Feux rouges, panneaux, signalisations diverses, sont autant de points de repère pour ne pas perdre le promeneur. Les trajets sont dirigés,  « ordonnés », les signalisations sont des injonctions qui proposent et imposent un vocabulaire commun au déplacement, quel que soit le lieu."

Patricia Signorile au sujet des photographies de Robert Loï



Patricia Signorile, maître de conférences, chercheur au Laboratoire interdisciplinaire de droit des médias et des mutations sociales (LID2MS), Université d’Aix-Marseille (AMU, France). Ses recherches portent sur les processus de création artistique en interaction avec le cadre de la société, les valeurs. Philosophie, juristique, littérature, peinture, dessin, architecture, photographie … sont ses objets d’étude. Elle est l’auteure de nombreux essais pluridisciplinaires. Actuellement, elle prépare un ouvrage en collaboration avec Robert Loï sur le thème des mutations de la ville contemporaine.  La bibliographie de Patricia Signorile

 



Robert Loi écrit comme il photographie et photographie comme il écrit : attentif et à l’écoute. Il capture et traque les instants pour les rendre éternels à jamais, avec compassion, mélancolie, humour et humanité. Et sagesse. Ces deux arts maîtrisés avec passion et sensibilité se complètent, se nourrissent l’un de l‘autre pour le plaisir de l’oeil et de l’imaginaire.

Dans ces textes et au travers de ces photographies, Robert Loï donne à voir le monde. Mais à la différence du plus grand nombre il ne se contente pas de le voir. Il le perçoit, il le distingue, il le discerne, il le remarque, il l’admire, il le contemple, il le dissèque. Avec pudeur et retenue. Car il sait le prix inestimable des souvenirs qui nous forgent. Se plonger dans sa prose, sa poésie, ses photographies c’est entreprendre un voyage inoubliable peuplé de mille découvertes. Une bouffée d’oxygène et de savoir-être.

L'écrivain Patrick Fort à propos de Robert Loï

 


Né en 1970 dans les Hautes-Pyrénées, Patrick FORT vit depuis une quinzaine d'années à Mont de Marsan. Il dévore un nombre vertigineux de livres, est curieux de tout et ne conçoit pas sa vie sans lire. Et sans écrire. Car ces deux passions sont indissociables. Sa démarche est guidée par le plaisir de raconter des histoires. Aux autres certes, mais finalement aussi à lui-même. Autre passion : l’Histoire. Pas l’officielle, la « politiquement correcte», mais plutôt celle que l’on tait et dissimule. Celle qui sort des sentiers battus et qui dérange. Après avoir remporté plusieurs prix dans différents concours de nouvelles, Patrick FORT a publié en 2009, aux Éditions Le Solitaire, son premier recueil de nouvelles « Le sang des chaînes » où les parcours intérieurs y croisent l’Histoire…En 2011, sont édités son deuxième recueil de nouvelles, plus intimiste, toujours aux Éditions Le Solitaire : « La Lettre et autres nouvelles » et une longue nouvelle consacrée à la Retirada, « Tierra de Dolor ». En 2012, après deux ans de recherche et d’écriture, il sort son premier roman « Après Nous – Celestino Alfonso, guérillero dans la Résistance française ».

Patrick FORT anime également un site internet «
Lire, Ecrire, En Parler ». Espace dédié à la lecture et à l’écriture.


 

 

Robert Loï nous livre une vision personnelle et subjective de Marseille, il nous offre son regard complice, attendri et songeur, et pointe de l’objectif les instants précieux de la banalité citadine et du paysage urbain.

Il ne se laisse pas abuser par la lumière crue et le bleu métallique du ciel qui magnifient la ville.

À cette illusion éclatante, il oppose une déclinaison de gris pour mieux révéler les ombres et les contrastes qui planent et sculptent le quotidien : le mouvement perpétuel, la solitude dans la foule, la pauvreté qui se pare de pittoresque pour se faire oublier. Mais il s’attarde aussi sur des instants magiques : amoureux hors du temps, corps féminins qui s’épanouissent dans la plénitude des robes d’été, jeux d’enfants, promenades sous le vent…

Et par une touche de couleur, il souligne l’insolite insignifiant et arrête notre regard qui sans lui aurait glissé : interdiction, tentation, injonction…

C’est donc à travers des instants volés, surpris au gré des saisons, qu’il nous convie à la [re]découverte de Marseille, à prêter attention aux petits riens, aux signes, à l’Autre… Il nous donne à voir l’unicité dans la multitude, des instantanés de vie, la lumière, les failles, le détail… C’est une invitation au voyage, par la poésie du quotidien et le regard au plus profond de soi et des autres, que Robert Loï nous propose ici.

Véronique Manry, Sociologue




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